Peinture française
Curation Marie Maertens
Maria Adjovi, Jules de Balincourt, Anastasia Bay, Nathan Bertet, Guillaume Bresson, Antoine Carbonne, Kaï-Chun Chang, Claudio Coltorti, Julie Curtiss, Blake Daniels, Mathilde Denize, Pauline Guerrier, Charles Hascoët, Camille Henrot, Louis Jacquot, Xie Lei, Maude Maris, Eva Nielsen, Mario Picardo, Jessy Razafimandimby, Lou Ros, Christine Safa, Sequoia Scavullo, Apolonia Sokol, Clio Sze To, Philipp Timischl and Sophie Varin.
01.10 - 21.11.2026
Avec 27 artistes de nationalités diverses ou ayant décidé de vivre et travailler ailleurs, Peinture Française montre la force toujours active de ce médium. Dotée d’un trait abstrait ou figuratif, de couleurs vives ou de tonalités plus douces, d’une gestualité affirmée ou tenue, de souvenirs directs ou de projections, la peinture est bien le réceptacle des émotions intimes ou des recherches continues des plasticiens. L’exposition débute par des œuvres épousant les notions de théâtre, de décor et de performance, notamment chez Mathilde Denize ou Anastasia Bay, invoquant aussi quelles émotions le langage ou pré-langage génère dans notre corps, chez Camille Henrot. La peinture se fait ici sensuelle, tendre… s’appesantit sur sa texture ou son évanescence, également chez Julie Curtiss ou Charles Hascoët, presque à l’image d’une seconde peau. Elle invoque encore les sujets de l’apparition, la disparition, la réapparition, chez Eva Nielsen. Le paysage, autre classique du genre, est initié par un « portrait » d’arbre signé Blake Daniels, librement inspiré d’un jardin de son enfance et qui en devient générique. Il mène à d’autres questionnements, portant sur les liens entre mémoire individuelle et collective. Comment témoigner de ce qui nous entoure ou ce dont nous nous souvenons ? Quel est l’espace entre la retranscription rigoureuse et l’émotion… à l’exemple de Nathan Bertet, Clio Sze To ou encore Christine Safa, qui y adjoint une dimension cathartique. Comme Sequoia Scavullo, mêlant rêve et réalité, cosmétique et cosmos, par différentes surfaces et camouflages… quand Louis Jacquot magnifie des zooms sur peintures ou ses carnets de croquis par de grands formats jouant d’effets entre le fond et la forme. Bien évidemment, le paysage évoque le rapport à la lumière, les couchers et levers de soleils de Lou Ros ou de Sophie Varin, les dévoilements subtils de couleurs par d’infimes strates de Kai-Chun Chang, ou encore l’interrogation de Philipp Timischl sur la réception du médium, qu’il soit donné à voir sur une toile brute ou sa reproduction en image animée.
Le portrait, le trait, la ligne, le dessin et la structure couvrent une autre partie de l’exposition. Avec Maria Adjovi, fraîchement diplômée des Beaux-arts de Paris, qui parle d’intimité, de spiritualité ou de transmission par la douceur de sa touche. Les retranscriptions de moments vécus, la mutation entre l’intime et l’universel s’accompagnent de lointains hommages aux maîtres de l’histoire de l’art, chez Claudio Coltorti, Xie Lei ou Guillaume Bresson. La pâte peut être souple, lisse, laisser émarger la lumière, ou se révéler plus proche d’une forme de réalité, qui est en fait celle des récits… Elle peut se faire très vive et sortir du cadre, chez Jessy Razafimandimby, ou plus politique dans le geste de Maud Maris, qui octroie au règne animal la même importance qu’à notre espèce. Apolonia Sokol affirme, quant à elle, le hiératisme de la figure, renvoyant à une interprétation quasi-byzantine de la représentation, totalement insérée dans le monde d’aujourd’hui. Ce côté primitif, primal du trait se poursuit avec deux imposants figures de Jules de Balincourt ou de Pauline Guerrier, nous interpelant sur la stature de l’autorité ou du guide… côtoyant un retour à la peinture sur elle-même et la force de ses couleurs, chez Antoine Carbonne et Mario Picardo. Marie Maertens

© Photo : Allison Borgo

© Photo : Allison Borgo

© Photo : Allison Borgo
